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HAPPY MONDAY ! Un article dans le journal France Antilles

CÉLINE CHAT

Guadeloupéenne de coeur et d’adoption, Céline Chat est surtout une artiste voyageuse et l’une des peintres françaises les plus connues de la mouvance Surf ART. Son style joyeux, ludique et coloré illumine depuis 20 ans les différents endroits du monde où elle a posé son baluchon et nous avons désormais la chance de l’avoir à plein temps sur notre île. Profitons-en avant que l’appel de l’aventure ne finisse par résonner trop fort à ses oreilles… Céline Chat collabore avec la marque UKA depuis la saison 16.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Céline Chat. Je suis née à Hyères, les pieds dans la Méditerranée. À l’âge de 20 ans, je m’envole pour les Philippines et l’Indonésie, me confronte à d’autres eaux et apprend à surfer. Ce premier périple est révélateur, je me mets à créer. Suivront de nombreux voyages, du Mexique à la Polynésie française, du Sri Lanka au Maroc, pour ne pas tous les citer. Autant de destinations que d’inspirations, d’évasions que de créations. Chaque escale est une nouvelle série de peintures comme une valise qu’on défait au retour d’un voyage. On y retrouve ce que j’ai emporté, ce que j’ai rapporté et surtout ce qui m’a porté là-bas, ailleurs. Depuis 15 ans, j’expose régulièrement mon travail dans des espaces culturels, des galeries et des festivals en France, au Brésil et aux États-Unis. Mon dernier projet s’appelle Art on the road. C’est une série de petites vidéos dans lesquelles j’embarque le spectateur avec moi dans mes voyages. Mon premier opus se déroule au Costa Rica, où j’ai décidé de mettre mon savoir-faire au service de personnes qui ont un projet artistique et de les aider à le réaliser. Je vis et travaille actuellement en Guadeloupe.
Quelles sont vos techniques de travail ?
Mon travail mélange les supports et les techniques. La peinture acrylique, les feutres Posca, les papiers récoltés, les bombes de peinture, des BD vintage ou des journaux sont parmi mes médiums favoris. Des voiles de bateau recyclées, des ukulélés, des guitares, des planches de surf, un scooter Vespa des années 1970, une épave de bateau en Indonésie, un tuk-tuk au Sri Lanka ou des sculptures que je réalise en polystyrène sont quelques-uns des supports que j’aime utiliser.
Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Je m’inspire et me nourris de tout ce qui m’entoure : du lieu où je crée, de sa culture, des couleurs, de l’ambiance, de ce que je vis, de ce que j’y fais… J’aime utiliser ce que je trouve là où je suis. Cette contrainte a plusieurs avantages : elle stimule ma créativité, colle avec mon temps et m’évite de m’ennuyer. Je joue avec les symboles populaires et m’amuse à créer un univers chargé d’histoires où s’invitent parfois, en douceur, un engagement humaniste et environnemental.
Qu’est-ce qu’être un artiste caribéen aujourd’hui ?
Pour moi, « être un artiste caribéen » , c’est savoir refléter la richesse de sa culture, entre tradition et modernité, patrimoine et influence extérieure, sans jamais être lourd ni ennuyeux. Promouvoir ses racines à travers le monde, tout en étant ouvert à celui-ci.
Commentez-nous l’oeuvre choisie pour illustrer cet article…
La petite histoire de ce tableau : novembre 2005, je suis en Indonésie. Nous venons d’arriver à Bali. Quelques semaines plus tôt, un horrible attentat ciblait des touristes sur la plage de Jimbaran. Nous avions déjà nos billets et nous avons décidé de partir quand même. Après les premiers jours, nous éprouvons un grand malaise et décidons de partir sur une autre île de l’archipel.
Une fois sur place, c’est la même sensation. Nous changeons nos i plans et prenons le premier avion destination la Guadeloupe. Là, tout est joyeux! Nos journées sont rythmées par l’amitié, les vagues, les doux alizés, les baignades dans les cascades et les couchers de soleil sur l’horizon. J’ai alors peint une série de surfeuses dont le tableau Red Hair fait partie. Légères, dynamiques, colorées, pétillantes comme des bulles de champagne, des femmes heureuses, généreuses et pleines de vie en réponse à l’horreur, la cruauté, l’intolérance et la frustration.
Titre de l’oeuvre : Red Hair
Médium : Peinture acrylique
Support : Panneau de bois